Omar Bongo, Twitter, les (micro)blogs et ta soeur…

Omar Bongo, Twitter, les (micro)blogs et ta soeur…

Finalement je regrette d’avoir fait des études de journalisme. Cela fausse ma perception des médias sociaux et du (micro)blogging. C’est vrai, à chaque fois que je lis un truc, je sais que l’auteur n’a pas croisé ses sources, qu’il ne sait pas ce que ça veut dire et qu’il pense que parce qu’il l’a lu sur un autre blog c’est vrai.

Cela me fait un peu mal au cul quand même… Tout le monde a annoncé la mort d’Omar Bongo, sauf le premier minisitre gabonais… Tout le monde a annoncé qu’on avait retrouvé les débris de l’avion. Sauf que ce n’était pas ceux de l’avion. Comme le mois dernier un pseudo incendie à la Défense

Quand on sait que l’AFP peut commettre des bourdes, on se rend compte du risque de ce que peuvent véhiculer les blogs et twitter.

J’en fait l’expérience depuis quelques heures sur un sujet sans intérêt, il y aurait une pseudo faille de sécurité sur le site dont je m’occupe. Une personne s’en rend compte. Cette personne au lieu de nous contacter publie l’info sur son twitter et sur des blogs.
Bon, quand on sait que cette personne travaille pour un cousin à nous, on trouve le procédé “border”(”mais non je veux pas t’enfoncer, j’utilise les moyens de communication modernes”…), mais après tout business is business, c’est de bonne guère, et je ne m’en offusque pas :)

Là où ça devient n’importe quoi c’est que certains reprennent l’info et la publient. Alors on prend un type qui balance une info à 400 personnes et deux autres qui la balancent à 10 000, le cercle s’agrandit. Pendant ce temps personne d’autre ne remonte ce bug.

Donc les gens retwitt sur la base de la confiance qu’ils ont dans la personne qu’ils suivent… ça me rappelle un slogan publicitaire, sur la confiance et les mst…

Ce qui me fait chier ce n’est pas qu’on ait marqué qu’il y avait une faille, très bien, ça arrive, c’est les miracles de l’informatique… ce qui me fait chier c’est que les gens retwitts n’importe quoi sur un postulat de confiance absurde, car si certains se connaissent pour de vrai et se font confiance (et encore est-ce suffisant), les autres ne sont que des followers.

Et quand on assassine en ligne, un président, une information, une marque, un site, une personne, on fait du mal. Derrière les sites, derrières les marques, derrières les infos, y’a des gens qui travaillent, qui en vivent et ce genre de comportement qui est purement et simplement du colportage de rumeur est un danger pour des emplois, un danger pour la sécurité d’un pays, un danger pour des familles.

A l’heure où twitter relance les discussions sur le journalisme citoyen, on oublie la base d’une information : sa véracité et sa vérification. Alors oui Twitter est une outil de microblogging fabuleux, oui c’est un outil de circulation de l’information puissant, oui il permet d’avoir des émissaires partout dans le mon bien plus que n’importe quelle rédaction, mais penser que tous les gens qui twitts sont source d’information c’est une connerie car ils ne vérifient pas la véracité de leurs twitts.

image : l’actu patate

3 Responses to “Omar Bongo, Twitter, les (micro)blogs et ta soeur…”
  1. Je participe à la propagation de l’information, pas à sa production, je suis pas journaliste et n’ai pas le devoir ni les moyens de contrôler l’info autrement qu’en parcourant la presse.
    En effet, je donne toute ma confiance aux journalistes, je n’ai pas d’autres sources, quand vous dites des conneries, je les propage… Désolé.

    by infonico
    on 08. Jun, 2009

  2. Il y en a aussi qui ne retwittent pas tout ce qui passe et qui attendent des confirmations un peu plus sérieuses. Le conditionnel, ça existe.

    Malgré des twitts qui étaient plus affirmatifs, on peut aussi, sans être journaliste, accorder un peu de temps (et beaucoup d’importance) à la vérification. Il y a des sources que l’on peut estimer sérieuses ou pas sur Twitter. Pour ma part, ce sont d’ailleurs des journalistes ou des spécialistes de certains domaines.

    Il faut apprendre à réclamer des éléments de preuve.

    Le problème de Twitter c’est la rapidité : on veut faire vite pour être retwitté pas sa petite infosphère personnelle pour obtenir de ouveaux followers (car c’est bien de ça qu’il s’agit !). Or vérifier prend du temps. Le bruit prend la place de l’info.

    Voilà qui vient nourrir une réflexion sur la vérification, l’information fluide, les forçats du web.

    by [Enikao]
    on 08. Jun, 2009

  3. infonico > retwitter une info d’un journaliste, c’est penser que lui a fait son travail, à priori c’est plutot un raisonnement qui fait du sens.
    Ce que je pointe plus du doigt c’est la reprise d’informations émanent de blogs ou de sources dont on sait que leur métier n’est pas de vérifier une information et dans certains cas ça peut être grave. Comme le dit ENikao en dessous, on peut mettre les choses au conditionnel (mm en 140 caractères) c’est la moindre des précautions :)
    Si personne ne s’applique un minimum de discipline à ce niveau, on va vite en voir les écueils.

    by contact
    on 08. Jun, 2009

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