Je lisais un article l’autre jour dans un magazine papier (bah oui) et le journaliste accusait Steve Jobs d’avoir tué la musique par ce qu’il appelat le “skip skip skipping”. En franças, que Steve avait tué la musique en permettant un zapping quasi illimité de la musique.
Pas con. C’est vrai, avant on avait 3 disques sur soi et on les usait jusqu’à la moëlle avant de passer au suivant ou de s’acheter une pochette qui permettait de trimballer une vingtaine de disques. En plus c’était chiant, pour passer d’un artiste à l’autre, il fallait changer de disque… Avec l’iPod, comme le rappelait l’article, c’est des centaines de disques, des milliers de morceaux et presque autant d’artistes qu’on a dans la poche.
Du coup le journaliste disait qu’on avait perdu la notion d’album, de l’écoute d’un album, parfois même du fait que les morceaux aient des noms. Le journaliste allait même plus loin en disant que Steve avait mis une carotte phénoménale au monde entier en lançait l’iPod pour y lire des mp3 alors que sa vraie intention était de nous obliger à passer par itunes pour devenir un des principaux fournisseurs de musique du monde.
C’est un peu violent comme point de vue, pas con, mais un peu violent. Je pense plutôt que Steve a révolutionné la musique.
Dans un précédent article, je m’interrogeais sur la légitimité aujourd’hui de produire des albums et de continuer à les limiter à un certain nombre de morceaux. Je pense que le “skip skip skipping” est dans la même veine, les gens n’écoutent plus de la musique comme “avant”. Les lecteurs portables (walkman, discman etc.) auraient surement inspiré à ce journaliste qu’on écoute bien la musique que dans son salon et que c’est tuer l’art que de l’écouter dans le métro ou dans la rue. La musique a changé, la production aussi (avec mymajorcompany), avec les remixeurs (comme MXP4), alors oui l’ipod a surement accéléré la dématérialisation mais maintenant c’est l’écoute qui change, le consommateur est zappeur, versatile, il ne se fixe pas la limite de 12 chansons pour considérer une “oeuvre” qu’on appelle album. Le consommateur consomme la musique. Il zappe comme dans les rayons d’un supermarché et les notions archaïques d’album, d’écoute complète, d’oeuvre vont commencer à disparaitre.
Alors Steve, on ne peut pas t’imputer tous les maux, mais tu fais partie de cette révolution qui s’annonce passionnante.