France Soir pourrait arrêter sa version papier
Quand j’ai entendu cette info, je me suis dit “il était temps” et de l’autre coté, vu qu’aucun média ne sait gagner de l’argent sur le web pour financer une rédaction je me suis dit “c’est la première charrette avant la dernière”, comprenez qu’ils vont mourir.
France Soir : un gouffre séculaire
Je me souviens déjà en 2000 à l’école de journalisme France Soir avait deux grands faits d’armes. Avoir été un très grand quotidien dans les années 60. Etre en déficit (perte d’argent si vous préférez) depuis 30 ans.
Repris plusieurs fois, voué à la mort plusieurs fois, mal réssuscité plusieurs fois, France Soir est un titre qui ne se renouvelle pas, qui a une réputation de journal “trop” populaire (beauf quoi)
France Soir : le problème des médias papiers
Le média papier a souvent été déclaré mort. Mediapart tente de proposer une alternative mais bon… Le média papier est mort. Dans un monde d’instantanéité, le papier n’arrive pas à trouver sa place. Il ne peut être à la pointe de l’info, puisque le temps qu’il s’imprime, les infos radios, tv et web ont déjà balancé l’info. Notre société se contente d’une info surannée alors les détails… qui justifient le papier et sa lisibilité…. on s’en cogne, un buzz toutes les 7 minutes, une info chasse l’autre, on ne s’embarrasse pas des détails. Et encore je n’aborde pas les tablettes et autres smartphone, car les articles y sont plus courts également mais mange clairement de la part de marché au papier.
France Soir : le modèle économique
Si Médiapart ou d’autres rédactions tentent de se monétiser l’exercice reste très compliqué, le prix de la pub ne couvre pas les frais d’une vraie rédaction. Par “vraie” j’entends qui a du matériel, dispose de correspondants permanents etc. un truc solide quoi
Alors il y a l’abonnement mais là encore… difficile de faire payer en un endroit quelque chose qui est gratuit partout ailleurs et sans effort. Les journalistes ont voulu se battre pour leurs droits d’auteurs et lors des premiers sites internet en 2000, ils sont montés au créneau pour percevoir une rémunération si leurs articles étaient repris sur le web. Un petit tour par les RH et les nouveaux entrants n’avaient plus le choix. Mais publier gratuitement des articles déjà parus sur papier n’a pas de valeur ajoutée (sinon pour l’archivage). Donc la presse d’aujourd’hui n’arrive pas à monétiser internet (pas toute la presse, malheureusement la presse poubelle gère ça plutôt pas mal, mais n’a pas les mêmes frais de structure).
En même temps, c’est un faux problème, car si on revient sur ce que je viens d’écrire France Soir n’a JAMAIS su gagner de l’argent, papier ou web. Libération a longtemps vécu sur ses services de minitel rose (oui porno, ok). Donc le problème n’est pas nouveau, la presse française n’a pas et n’avait pas de réel modèle économique.
L’équation devait être simple : prix de la pub+ prix de vente du journal = couverture des frais et même peut-être des bénéfices.
20minutes et les autres gratuits ont tué ce modèle, la pub+gros tirage=modele économique bénéficiaire. Mais là encore, ce sont des “petites” rédactions qui utilisent ne peuvent salarier des journalistes dans chaque pays comme on le faisait dans les années 80-90-00 avec les correspondants permanents, les envoyés spéciaux dépêchés en vitesse et tous les dispositifs que peuvent avoir les chaines de télé d’aujourd’hui.
Alors quel avenir pour la presse écrite ? Etre rachetée par des télévisions et faire office de support pour ceux qui veulent des détails mais en se basant sur les infos et la rédaction existante au sein de la chaine de tv ? Diversifier ses activités pour faire de la partie Presse, une partie alimentée par d’autres types de commerce (réalisation de site, vente d’images, sites porno etc.)

