On ne peut plus séparer internet et les points de ventes

Alors que le monde s’est dématérialisé, que des pures players ont taillé de sacré croupières aux géants historiques de la distribution, on semble revenir à un modèle mixte.
Il y a 10 ans on criait à la dématérialisation à tout prix, ne pas ouvrir une boutique mais une boutique en ligne, fermer ses points de ventes, transférer son activité.

Pourtant les plus gros, comme Pixmania, ont eu le parcours inverse, d’abord sur internet, puis l’ouverture de boutiques physiques “multi-usage” autant faites pour la vente que pour la réception de colis. D’autres marques ont mis du temps à passer sur internet, Zara, Gérard Darel, les cuisinistes, les Ikea etc.Ces géants du retail, de la boutique, du parcours client ont du se lancer sur le web, le web au sens large, celui qui vient dans l’ordinateur mais aussi celui qui arrive dans le smartphone.
Mais jusque là c’était des canaux différents, gérés par des personnes différentes la plupart du temps, un responsable des boutiques, un responsable du site.
Une boutique physique ça marche grandement grâce à son emplacement (et la marque), on se place, là où les consommateurs passent. Mais si tous les consommateurs d’une ville ne passent pas par la Z.A ou le centre commercial du coin, ils passent tous sur internet.

Donc la rue la plus fréquentée du monde, c’est internet, et à l’intérieur, c’est “le passage Facebook” qui est toujours noir de monde. Stop à la métaphore.

Il parait donc plus que logique que les enseignes disposant de point de vente physiques se servent d’internet, et du mobile pour amener du trafic en magasin.

Pourquoi faire ? Ah diable ! Diantre ! En voilà une question rusée… Oui pourquoi amener du trafic en magasin ? ça fait 10 ans qu’on invente des techniques de vente pour remplacer les vendeuses et leurs incentives, du mail, de l’achat complémentaire, des wishlists etc… Parce que les gens aiment aller dans les boutiques.

C’est social, ça donne l’illusion du pouvoir d’achat, d’être bien traité par la vendeuse, de bien connaitre le patron, de pouvoir aux diners “j’étais chez X l’autre jour”. Il n’y a qu’à voir comment les boutiques sont prises d’assaut à Noël, et à quel point c’est la guerre, pour se dire que si c’est gens n’ont pas tout commandé sur internet, tranquillement depuis leur salon, il doit y avoir une raison. Personnellement elle m’échappe.

Il y a un coté social, mais aussi un coté “évident”, certaines marques ne peuvent être consommées ailleurs qu’en boutique, je pense bien sûr à la restauration, qui a besoin de ce trafic monumental qui passe sur les ordinateurs de bureaux, les smartphones et Facebook, pour gérer son business.
Mais aussi finalement les concessionnaires de voiture, la catégorie ameublement (tout confondu), car même si on devait acheter son canapé sur internet (ou sa voiture) on voudrait savoir avant ce que ça fait de s’asseoir dedans (valable aussi pour la voiture), voir si le laquage du meuble est bien raccord avec les autres qu’on possède… Bref il existe encore des kilos de raison de passer en boutique (et d’y finaliser ou non son achat).

Alors aujourd’hui penser qu’on peut faire du business local, sans avoir de l’exposition sur la plus grande rue du monde et en plus un datamining (age, sexe, géoloc) sur ses clients, c’est voir l’avenir à très court terme, à trop court terme vu la révolution qui est en train d’arriver avec le paiement par mobile en boutique (pour ne citer que celui là).

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>